La première policière de l’histoire du Service de police d’Ottawa fut Flora Ann Campbell, engagée le 31 décembre 1913.
Née en 1883, Flora Campbell œuvra à titre d’agent de probation et de surintendante d’un foyer pour femmes avant de devenir policière.
Même si ses tâches devaient être les mêmes que celles de ses collègues masculins, Flora Campbell n’était pas armée et ne portait pas d’insigne ou d’uniforme. Et même si on lui avait accordé des pouvoirs d’arrestation, elle y avait rarement recours.
Son rôle réel l’appelait plutôt à s’occuper d’accusées devant comparaître devant les tribunaux. Dans bien des cas où il s’agissait de délinquantes primaires, les accusations étaient rejetées et la policière Campbell était chargée de les aider à se trouver un emploi. Son approche envers les femmes et la loi visait à résoudre un maximum de différends sans devoir mettre les pieds devant un tribunal, ce qui s’apparente à ce qu’on nomme aujourd’hui la « justice réparatrice ».
Dans le cadre de ses fonctions, elle s’occupait aussi de faire enquête sur des allégations de négligence ou mauvais traitements à l’endroit d’enfants.
Lorsque Mlle Campbell démissionna de la Police d’Ottawa le 31 mai 1935, on ne chercha pas à la remplacer, puisqu’on considérait que ses tâches étaient d’une « nature sociale » préférablement laissées aux tribunaux. À l’insistance de plusieurs groupes de femmes locaux, l’affaire fut réexaminée et, le 6 juillet 1936, la policière Alice R. Goyette, une veuve âgée de 37 ans, mère de deux enfants, fut embauchée.
En juin 1935, Flora Campbell épousa Thomas McLaughlin, un ancien inspecteur de la Police d’Ottawa.
Ses années de service ont démontré la valeur des femmes dans la police, à la Commission de police comme à la collectivité.
Flora mourut en 1961.